Une grande légende du Québec nous quitte, Paul Leduc qui a consacré sa vie entière à la lutte québécoise c’est éteint à 89 ans. AEW, Impact, NJPW, ROH ex WWE Indy legends Nouvelles by Rodrigue Tousignant - août 31, 2026août 31, 2026 La lutte québécoise vient de perdre l’une de ses figures les plus importantes. Paul Leduc s’est éteint le 30 août 2026, à l’âge de 89 ans, au terme d’une vie qui aura été intimement liée à la lutte professionnelle pendant près de sept décennies. Pour ceux qui ne l’ont connu qu’à travers la Fédération de lutte québécoise, ses chroniques ou ses dernières apparitions dans le milieu, il était déjà une légende. Pour ceux qui ont suivi sa carrière depuis ses débuts, il représentait beaucoup plus : il était l’un des derniers témoins directs d’une époque où la lutte québécoise possédait son propre territoire, ses propres vedettes, ses propres promoteurs et une identité qui n’avait rien à envier aux grands marchés américains. Paul Leduc aura surtout eu une particularité qui explique la place qu’il occupe aujourd’hui dans notre mémoire : il ne s’est jamais réellement éloigné de la lutte. Sa première carrière s’est déroulée dans les rings, mais les décennies suivantes l’ont amené à travailler dans les médias, à écrire sur ce qu’il avait vécu, à conseiller de jeunes lutteurs, à promouvoir des galas et finalement à bâtir une structure destinée à donner une chance à une nouvelle génération. Lorsqu’on regarde l’ensemble de son parcours, on comprend que sa plus grande contribution n’est peut-être pas un championnat remporté ou une rivalité devenue mythique, mais le fait qu’il ait continuellement cherché à faire vivre la lutte autour de lui. Un jeune homme qui voulait devenir lutteur Paul Leduc décide de devenir lutteur professionnel en 1957, à seulement 18 ans. À cette époque, il ne correspond pas nécessairement au prototype du colosse que les promoteurs recherchent, puisqu’il mesure environ 5 pi 10 po et pèse autour de 195 livres. On lui conseille même de ne pas poursuivre dans cette voie en raison de son gabarit. Il choisit pourtant de faire exactement le contraire. Il commence son apprentissage à Montréal, dans un gymnase où Pat Patterson avait également appris les rudiments du métier, puis part au Mexique pendant environ deux ans afin de perfectionner sa formation. Ce départ vers le Mexique est déjà révélateur de la mentalité de Paul. Il ne considère pas qu’il suffit d’entrer dans un ring pour devenir lutteur. Il faut apprendre, observer et accumuler de l’expérience. Cette conception du métier restera présente tout au long de son existence et expliquera plus tard pourquoi il accordera autant d’importance à l’apprentissage des jeunes lutteurs. C’est également dans les années 1960 que Paul va contribuer à créer l’un des personnages les plus connus de la lutte québécoise. Il convainc son ami Michel Pigeon de se lancer lui aussi dans le métier et celui-ci prend le nom de Jos Leduc. Les deux hommes se présentent alors comme des frères, même s’ils ne le sont évidemment pas dans la vie. Le scénario fonctionnera remarquablement bien et deviendra tellement associé à leur image que, encore des décennies plus tard, leur véritable lien familial fera partie des anecdotes incontournables lorsqu’on raconte leur histoire. Les frères Leduc arrivent à la Stampede Paul et Jos font équipe dans les grands territoires canadiens et arrivent notamment à la Stampede Wrestling de Stu Hart à Calgary en 1968. Ils développent alors leur fameux personnage de bûcherons canadiens, une présentation qui colle parfaitement à leur apparence et qui contribue à les rendre immédiatement identifiables. Les deux connaissent suffisamment de succès pour remporter le championnat international par équipe de la Stampede en janvier 1969. Ce passage dans l’Ouest canadien est important dans la carrière de Paul parce qu’il démontre que les frères Leduc ne sont pas seulement un phénomène local montréalais. Ils sont capables de voyager, de fonctionner dans d’autres territoires et de s’imposer dans un environnement où plusieurs grandes équipes canadiennes et américaines viennent gagner leur vie. Lorsqu’ils reviennent au Québec, leur réputation les précède. Les Leduc se retrouvent rapidement dans les grandes rivalités de la scène montréalaise, notamment contre les Vachon et les Rougeau. La rivalité des Leduc avec les frères Vachon, Maurice « Mad Dog » et Paul « The Butcher », deviendra l’une des grandes histoires de cette génération et sera plus tard considérée comme l’une des rivalités majeures de l’histoire de la lutte au Québec. Leur passage au Grand Prix Wrestling confirme également leur importance. Les archives historiques les placent parmi les principales équipes de la promotion et indiquent un règne comme champions par équipe en 1972, suivi d’un autre règne durant la période 1972-1973. Des résultats conservés de l’époque montrent les Leduc régulièrement en action au Forum de Montréal, au Colisée de Québec, à l’Auditorium de Verdun et à Ottawa, affrontant des noms comme les Hollywood Blonds, les Blackjacks, Don Leo Jonathan, Killer Kowalski et les Vachon. Les Leduc ne sont plus seulement des personnages québécois Les frères Leduc poursuivent leur route en dehors du Québec et se retrouvent notamment en Floride sous le nom des Canadian Lumberjacks. Le 23 novembre 1973, ils battent Dusty Rhodes et Dick Slater pour remporter le championnat par équipe de la NWA Florida. Les archives des semaines suivantes montrent plusieurs défenses du titre contre des équipes importantes du territoire, dont Mad Dog Vachon et Stan Vachon. Ce règne en Floride constitue également l’un des derniers grands moments du tandem avant que la carrière des deux hommes ne prenne des directions différentes. Une blessure réelle viendra limiter Paul, tandis que Jos poursuivra une longue carrière individuelle. Paul finit par quitter le ring régulièrement et met officiellement un terme à sa carrière de lutteur en 1978. Mais même cette retraite ne sera jamais véritablement une rupture avec le monde de la lutte. Le Forum de Montréal et un mariage devenu historique Parmi les nombreuses anecdotes qui entourent sa carrière, une demeure particulièrement difficile à oublier : Paul Leduc s’est marié dans le ring du Forum de Montréal en 1971. Dans une époque où la lutte professionnelle faisait partie de la culture populaire québécoise d’une manière qui semble aujourd’hui presque inimaginable, le ring pouvait être utilisé comme une véritable scène publique. Le mariage de Leduc est ainsi devenu l’un des épisodes les plus souvent rappelés lorsqu’on revient sur sa carrière. Ce genre d’événement peut aujourd’hui sembler étrange, mais il correspond parfaitement à l’époque que Paul a connue. Les lutteurs n’étaient pas seulement des athlètes que l’on voyait deux heures par semaine à la télévision. Ils étaient des personnages qui vivaient dans l’imaginaire du public et qui pouvaient devenir des vedettes locales au même titre que les grandes personnalités du sport ou du spectacle. Paul Leduc aura donc connu cette lutte-là de l’intérieur, à une époque où le Forum, les grandes salles de la province et les circuits régionaux représentaient encore le cœur de l’industrie. Après le ring, une nouvelle carrière Lorsqu’il prend sa retraite en 1978, Paul Leduc ne quitte pas pour autant le monde professionnel. En 1979, il entre chez Québecor et y occupe pendant plusieurs années une fonction importante dans la distribution des médias à Montréal. Il racontait lui-même avoir commencé à une époque où Québecor comptait environ 1 200 employés, bien avant la croissance qui allait transformer complètement l’entreprise. Cette expérience dans le monde des médias aura une importance considérable pour la suite de sa vie. Paul reste attentif à la lutte, suit son évolution et commence progressivement à partager ses souvenirs et ses analyses. Sa chronique « 1-2-3 », publiée sur Canoë, n’est pas celle d’un observateur qui découvre l’histoire après coup. Paul parle d’un univers qu’il a connu personnellement et dont il a été l’un des participants. Le fait que des ressources consacrées à l’histoire du sport québécois réfèrent à Paul Leduc comme à une source importante sur l’histoire de la lutte professionnelle au Québec n’est donc pas anodin. Il était devenu une mémoire vivante de cette industrie. De témoin à bâtisseur À la fin des années 1990, Paul Leduc commence à reprendre une place de plus en plus active dans la scène locale. Il est notamment présent autour de la promotion de Jacques Rougeau Jr., International Wrestling 2000, à Montréal. Une entrevue de 1999 le montre d’ailleurs en train d’interviewer Kurrgan à l’occasion d’un spectacle de la promotion, tandis qu’une autre archive le montre aux côtés de Jimmy et Ronnie Garvin lors de leur retour à Montréal. Cette période est importante parce que la lutte québécoise tente alors de se reconstruire. Le grand système territorial n’existe plus comme auparavant et le produit américain domine une bonne partie de l’attention du public. La scène indépendante tente néanmoins de repartir, avec des organisations comme la NCW, l’ICW, International Wrestling 2000 et bientôt la FLQ. Les archives historiques de la période soulignent justement le besoin de développer une nouvelle génération et d’obtenir davantage d’exposition médiatique pour que les talents québécois puissent rejoindre le public. Paul Leduc allait répondre à ce problème à sa façon. 2000 : la création de la Fédération de lutte québécoise En 2000, Paul Leduc fonde la Fédération de lutte québécoise, la FLQ, qui sera également présentée sous le concept de Théâtre Extrême. Une archive contemporaine consacrée à la scène québécoise décrit alors la création de la promotion par Leduc et son association avec différents lutteurs provenant de promotions comme la UPW, la NCW et la NWF. Elle souligne également l’implication de Deepak Massand et le lancement des premiers galas à la mi-novembre 2000. La création de la FLQ représente une nouvelle étape pour Paul. Cette fois, il ne cherche plus à construire sa propre carrière. Il crée littéralement un endroit où d’autres pourront construire la leur. C’est là que l’on voit le mieux la différence entre sa première carrière et ce qu’il accomplira par la suite. Il avait connu une période où la lutte offrait des territoires suffisamment importants pour permettre aux jeunes de progresser. À son retour, le paysage était différent. Il fallait recréer des occasions de travailler. Paul choisit donc de créer une organisation capable de présenter des spectacles régulièrement et de donner du temps de ring à ceux qui en avaient besoin. La FLQ devient ainsi l’un des éléments importants du redémarrage de la lutte québécoise au début des années 2000. Des sources consacrées à cette période décrivent Paul comme l’un des promoteurs ayant contribué à remettre la scène locale sur pied, tandis que les archives de la promotion et les témoignages contemporains montrent une organisation fonctionnant avec Paul, son épouse Pierrette et ses enfants Yan, Carl et Kim. Une véritable école de la relève La FLQ ne se limite pas à organiser des galas. Son importance vient aussi du fait qu’elle devient un environnement d’apprentissage. Plusieurs lutteurs vont pouvoir y accumuler des matchs, apprendre à travailler devant un public et commencer à bâtir une carrière. Un exemple particulièrement parlant est celui de Rami Sebei, qui luttera sous le nom de Stevie McFly avant de devenir Sami Zayn. Son deuxième combat de carrière est présenté à la FLQ dans le quartier Rosemont, en mars 2002, et la promotion deviendra ensuite la première organisation pour laquelle il travaillera de façon régulière. Avec le recul, ce détail est évidemment extraordinaire. En 2002, personne ne pouvait savoir que ce jeune lutteur finirait par devenir une vedette de la WWE et une figure internationale. Il avait simplement besoin d’un endroit où travailler. C’est précisément ce que Paul Leduc avait voulu créer. Et Sami Zayn ne représente pas à lui seul l’importance de cette structure. Au fil des années, la FLQ permet à de nombreux lutteurs québécois et canadiens de se développer et de faire leurs premières armes dans un environnement régulier. TVA Sports a d’ailleurs identifié Paul Leduc parmi les personnalités les plus influentes de l’histoire récente de la lutte québécoise en soulignant qu’il avait permis à plusieurs talents de se perfectionner grâce aux spectacles réguliers de la FLQ. Les années FLQ et les galas locaux La force du projet de Paul Leduc résidait aussi dans son caractère profondément local. La FLQ pouvait présenter ses spectacles dans des salles beaucoup plus modestes que celles qu’il avait connues dans les années 1970, mais elle permettait précisément à la lutte de continuer à exister dans ces communautés. Les archives du début des années 2000 montrent une scène québécoise où les lutteurs circulent d’une promotion à l’autre et où les organisations régionales deviennent essentielles à leur développement. La FLQ de Paul fait partie de cet environnement, mais elle se distingue par son lien direct avec une légende d’une génération précédente qui avait décidé de revenir pour faire travailler les suivants. Paul avait également compris que le public devait avoir une raison de sortir de chez lui. Dans ses propres écrits, il revenait justement sur le problème de l’exposition médiatique et expliquait que, malgré le talent présent dans les différentes régions du Québec, celui-ci demeurait largement invisible sans un véhicule capable d’entrer régulièrement dans les foyers. Il rappelait également que des villes comme Cap-de-la-Madeleine et Trois-Rivières avaient déjà connu des foules importantes à l’époque des anciens promoteurs. Ce n’était pas simplement une nostalgie du passé. Paul essayait de comprendre pourquoi la lutte locale avait fonctionné autrefois et comment elle pouvait retrouver une place dans une société où les habitudes des amateurs avaient complètement changé. Paul Leduc et Info-Lutte C’est également au cours de cette période que Paul Leduc prend une place particulière dans l’histoire d’Info-Lutte. Entre 2001 et 2008, il agit comme chroniqueur spécial pour le site. Cette collaboration arrive au moment où Internet commence à changer profondément la manière dont les amateurs québécois découvrent leur propre scène. Les grandes organisations américaines disposent d’un énorme avantage médiatique, mais les promotions locales commencent enfin à pouvoir rejoindre directement leur public grâce au Web. Pour Info-Lutte, la présence de Paul Leduc représentait quelque chose de difficilement remplaçable. Il ne s’agissait pas seulement d’avoir quelqu’un capable d’écrire sur la lutte québécoise. Paul avait vécu cette histoire. Il connaissait ses acteurs, ses réalités et son fonctionnement. Il appartenait lui-même à la génération qui avait construit une partie de cette scène avant d’être témoin de son déclin, puis de sa reconstruction. Il était même l’un des premiers old school du Québec a expliquer le Kayfabe dans ses chroniques sans le nommé. Sa collaboration participe alors au développement de la section Québec sur Info-Lutte, qui peut prendre une importance beaucoup plus grande. Cette section devient un véritable point de rencontre pour suivre les activités des promotions locales et, progressivement, le développement de cette couverture contribue à permettre au site de passer à un autre niveau et d’élargir son horizon jusqu’à devenir un média international consacré à la lutte. Cette partie de la vie de Paul mérite d’être soulignée parce qu’elle correspond exactement à ce qu’il avait toujours fait. Lorsqu’il était lutteur, il faisait connaître les Leduc. Lorsqu’il était chroniqueur, il racontait l’histoire de la lutte. Lorsqu’il était promoteur, il donnait une place aux lutteurs. Avec Info-Lutte, il contribuait maintenant à donner une visibilité supplémentaire à la scène québécoise, et à expliquer aux fans et aux gars de la business au Québec, le déroulement de la grande machine qu’est la lutte professionnel. La famille au cœur de l’aventure La FLQ allait également devenir une affaire de famille. Son épouse Pierrette ainsi que ses enfants Yan, Carl et Kim furent impliqués de différentes façons dans l’organisation, ce qui donna au projet une continuité qui dépassait largement la personne de Paul. Son fils Carl allait naturellement devenir une figure importante de cette nouvelle génération Leduc. Après avoir lui-même connu une expérience dans le hockey et s’être tourné vers la lutte, Carl allait travailler avec son père et finalement reprendre les activités de la promotion. Cette transmission avait une importance symbolique. Paul avait commencé sa carrière en faisant équipe avec quelqu’un qu’il appelait son frère. Des décennies plus tard, il travaillait avec son propre fils pour tenter de préserver une place à la lutte québécoise. La Beauce : un retour qui avait une signification particulière Les dernières années de la FLQ sous la direction de Paul vont aussi l’amener vers la Beauce. En 2015, la promotion présente à La Guadeloupe le gala Rédemption : Le retour des Leduc en Beauce, devant plus de 300 spectateurs au Centre Armand-Racine. Carl Leduc est en action et Paul accompagne son fils pour cette soirée qui possède une signification particulière pour la famille, puisque Pierrette Brault, l’épouse de Paul et la mère de Carl, était originaire de La Guadeloupe. Le projet est clairement présenté comme un retour aux sources. Carl explique alors vouloir faire revivre la lutte dans la région en impliquant les lutteurs locaux, tandis que son père doit être présent pour participer à cette nouvelle aventure. La soirée devient un succès et permet une nouvelle fois à Paul d’être présent autour d’un ring, non pas comme le lutteur qui était venu y chercher la gloire, mais comme le père d’un lutteur et le fondateur d’une organisation qui continuait à porter son nom. 2016 : transmettre les clés En août 2016, Paul Leduc annonce finalement sa retraite complète de la lutte professionnelle. La FLQ qu’il avait créée est alors cédée à son fils Carl, à sa conjointe et à sa fille Kim, et la promotion adopte le nom de FLQ Lutte. Elle doit continuer à organiser des galas en Beauce, notamment à La Guadeloupe. Ce moment résume parfaitement la deuxième carrière de Paul. Il avait fondé la FLQ pour créer une nouvelle génération, en travaillant avec sa famille. Il avait vu son fils prendre sa place dans le métier. Et au moment de quitter, il ne ferme pas la porte derrière lui. Il la remet à ceux qui doivent poursuivre. Paul Leduc et la mémoire d’un monde disparu Paul aura finalement vécu quelque chose de rare dans l’histoire de la lutte québécoise : il a connu l’ancienne époque des territoires et des grandes foules, il a vu ce système disparaître et il a ensuite participé personnellement à la reconstruction de la scène indépendante. Il a connu les grands soirs du Forum de Montréal autant que les salles beaucoup plus modestes où la FLQ allait présenter ses spectacles plusieurs décennies plus tard. Il a commencé à une époque où les amateurs découvraient leurs héros principalement par les journaux, la radio, la télévision et le bouche-à-oreille, avant de devenir lui-même un acteur de la transformation médiatique qui allait amener la lutte québécoise sur Internet. Il a également vu passer plusieurs générations de lutteurs, depuis ceux qui voyageaient de territoire en territoire pour gagner leur vie jusqu’à ceux qui pouvaient maintenant utiliser une promotion indépendante québécoise comme tremplin vers les États-Unis et les grandes organisations internationales. Cette continuité donne une valeur particulière aux témoignages de Paul. Lorsqu’il racontait le passé, il ne s’appuyait pas uniquement sur des archives ou sur les souvenirs racontés par d’autres : il avait vécu cette histoire. Il avait connu les lutteurs, les promoteurs, les salles et les réalités d’une industrie qui n’existe plus de la même manière aujourd’hui. C’est aussi ce qui rendait son implication médiatique avec Info-Lutte, de 2001 à 2008, particulièrement importante. À une période où la section Québec du site commençait à prendre beaucoup plus d’ampleur, Paul apportait une perspective directe sur cette scène et contribuait à faire connaître une lutte québécoise qui avait ses propres histoires, ses propres personnalités et ses propres enjeux. Le développement de cette couverture locale allait éventuellement permettre à Info-Lutte de prendre une autre dimension et de s’ouvrir davantage à la scène internationale. Une légende qui aura choisi de transmettre Paul Leduc aurait pu consacrer ses dernières décennies à raconter simplement les belles années qu’il avait connues comme lutteur. Il a plutôt choisi de transmettre ce qu’il avait appris. Avec la FLQ, il a créé des occasions de travailler pour une nouvelle génération, il a organisé des galas, il a accompagné des jeunes talents, il a travaillé avec ses enfants et il a continué à écrire et à parler de la profession qu’il aimait. En somme, il a cherché à offrir aux autres ce qu’il avait lui-même recherché à 18 ans : une véritable occasion d’apprendre le métier dans un ring, devant un public, en accumulant suffisamment d’expérience pour pouvoir ensuite aller plus loin. C’est probablement ce qui définit le mieux son œuvre. Paul Leduc n’a pas seulement été un homme qui a connu la lutte professionnelle; il a été un homme qui a constamment cherché à faire en sorte qu’elle puisse continuer d’exister. Il a commencé sa carrière en 1957 et, près de soixante-dix ans plus tard, lorsqu’il s’est éteint, la scène québécoise était toujours là. Des hommes et des femmes continuaient de monter dans les rings, des promoteurs continuaient d’organiser des galas et des lutteurs québécois continuaient de partir à l’étranger pour tenter leur chance. Certains d’entre eux avaient commencé leur parcours dans une salle où Paul Leduc avait simplement décidé de leur donner une chance. C’est peut-être le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre. Son nom ne restera pas seulement dans les résultats des championnats ou dans les photographies des frères Leduc. Il restera dans les carrières de ceux auxquels il aura ouvert une porte, dans les souvenirs de ceux qui l’ont connu et dans les archives d’une lutte québécoise qu’il aura contribué à préserver. Pour ceux qui l’ont côtoyé autrement qu’à travers les vieux résultats, il restera surtout comme un homme qui croyait suffisamment à la lutte québécoise pour continuer à la défendre, à la documenter et à lui chercher un avenir alors que beaucoup avaient déjà commencé à croire qu’elle appartenait au passé. Paul Leduc est parti le 30 août 2026. Une génération vient de perdre l’un de ses derniers grands témoins, mais l’histoire qu’il a contribué à bâtir ne s’arrête évidemment pas là. Elle continue dans les rings, dans les promotions qu’il a influencées, dans les familles auxquelles il a transmis sa passion et dans tous ceux qui pourront raconter un jour qu’ils ont eu la chance de croiser sa route. Sur ce nous offrons nos plus sinsère condoléance à Carl, Kim et Yan ses enfants qu’il a eut avec sa défunte épouse Pierrette qui elle aussi fût une grande partie derrière l’homme dans toute son oeuvre. Également à sa famille et amis sans oublier tout le monde de la lutte Québécoise. Ce n’est qu’un aurevoir Paul car ta légende va perdurer dans le temps même au delà des frontière du Québec. Share on Facebook Share Share on TwitterTweet Share on Pinterest Share Share on LinkedIn Share Share on Digg Share Send email Mail Print Print